Les croisières en solo connaissent une véritable explosion ces dernières années. Autrefois perçues comme des vacances exclusivement destinées aux couples et aux familles, elles séduisent désormais un nombre croissant de voyageurs indépendants cherchant à explorer le monde à leur propre rythme. Entre 35 et 40 % des passagers embarquent désormais seuls, signe d’une tendance profonde qui transforme l’industrie maritime. Cette évolution s’accompagne d’une offre tarifaire plus accessible, de cabines spécialement conçues et de programmes sociaux pensés pour les célibataires. Pourtant, partir seul(e) en croisière soulève des questions pratiques importantes : comment éviter les suppléments exorbitants ? Quelle compagnie privilégier selon votre profil ? Comment gérer la logistique quotidienne sans accompagnateur ? Ce guide exhaustif vous livre toutes les clés pour transformer votre projet en une expérience mémorable, enrichissante et parfaitement maîtrisée sur le plan budgétaire.

Suppléments tarifaires cabine individuelle : comprendre le single supplement des compagnies maritimes

Le fameux single supplement constitue l’obstacle financier majeur pour les voyageurs solitaires. Historiquement, les compagnies maritimes ont toujours conçu leurs cabines pour deux personnes, établissant leurs tarifs sur une base de double occupation. Lorsqu’un passager voyage seul, il occupe un espace prévu pour deux, ce qui représente un manque à gagner pour l’armateur. Pour compenser cette perte, un supplément individuel est appliqué, oscillant généralement entre 50 % et 100 % du tarif de base. Concrètement, si une cabine coûte 1 500 € par personne en occupation double, vous pourriez payer entre 2 250 € et 3 000 € en voyageant seul. Cette pratique tarifaire, longtemps critiquée, évolue progressivement sous la pression d’une clientèle solo de plus en plus importante et exigeante.

La structure même de ces suppléments varie considérablement selon les compagnies, les navires et les itinéraires. Certains armateurs appliquent un pourcentage fixe quel que soit le type de cabine, tandis que d’autres modulent leurs tarifs selon la catégorie choisie. Les cabines intérieures, plus économiques, subissent généralement des suppléments proportionnellement plus élevés que les suites haut de gamme. Cette logique commerciale s’explique par le fait que les compagnies préfèrent optimiser le remplissage de leurs cabines premium, où les marges bénéficiaires sont supérieures. Comprendre ces mécanismes tarifaires représente la première étape pour négocier efficacement et identifier les meilleures opportunités.

Politique tarifaire MSC Croisières et Costa Croisières pour les voyageurs solo

MSC Croisières et Costa Croisières, deux géants méditerranéens, adoptent des approches distinctes concernant les passagers solitaires. MSC applique traditionnellement un supplément individuel standard de 70 % à 100 % selon les périodes et destinations. Toutefois, la compagnie propose régulièrement des promotions ciblées, notamment sur ses itinéraires méditerranéens en basse saison, où le supplément peut descendre à 50 %. Ces offres sont généralement annoncées 6 à 8 mois avant le départ et nécessitent une réservation anticipée. MSC mise davantage sur le volume que sur des cabines dédiées, privilégiant ainsi une flexibilité tarifaire plutôt qu’une infrastructure spécifique.

Costa Croisières, de son côté, conserve une politique assez

Costa Croisières, de son côté, conserve une politique assez proche avec des suppléments qui varient en général entre 50 % et 80 % du tarif en base double. Là encore, tout dépend de la période (haute ou basse saison), du taux de remplissage du navire et de la catégorie de cabine choisie. Costa lance régulièrement des campagnes « 0 € de supplément solo » sur une sélection de départs, souvent en Méditerranée ou en Europe du Nord, à condition de réserver tôt et d’accepter une flexibilité sur le choix précis de la cabine. Pour un voyageur seul, ces fenêtres promotionnelles représentent l’occasion idéale de tester une première croisière sans supporter le poids complet du single supplement.

Dans les deux cas, MSC comme Costa restent des options pertinentes si vous cherchez une croisière abordable en solo, à condition d’accepter des navires de grande capacité et une ambiance très familiale. Vous devrez en revanche être particulièrement attentif aux conditions tarifaires : certaines offres « All inclusive » incluent déjà un supplément individuel réduit, tandis que d’autres tarifs d’appel masquent encore des surcoûts importants au moment de la réservation. N’hésitez pas à comparer plusieurs départs sur la même destination et à jouer sur vos dates pour identifier le moment où le supplément individuel bascule d’un facteur dissuasif à un simple ajustement budgétaire supportable.

Royal caribbean et norwegian cruise line : cabines studio sans supplément

Royal Caribbean et Norwegian Cruise Line (NCL) font partie des précurseurs en matière de croisières pour voyageurs solo grâce à leurs cabines « studio ». Ces petites cabines, conçues pour une seule personne, permettent de contourner totalement le principe du single supplement, puisque le prix est calculé dès le départ pour un seul occupant. Chez NCL, les Studio Cabins d’environ 9 m² sont regroupées dans un « quartier » réservé aux solos, avec salon commun, espace petit déjeuner et activités dédiées. Royal Caribbean, sur certains navires récents, propose des studios intérieurs ou avec balcon virtuel, dont la surface reste compacte mais parfaitement fonctionnelle.

Sur le plan financier, ces cabines studio sont souvent plus avantageuses qu’une cabine double avec supplément, surtout sur les itinéraires très demandés comme les Caraïbes ou la Méditerranée occidentale. L’inconvénient ? Leur nombre reste limité et elles se vendent très vite, parfois plus d’un an avant le départ sur les itinéraires populaires. Il est donc crucial de réserver tôt si vous voulez profiter de ces options sans surcoût. De plus, la surface réduite peut frustrer certains passagers habitués aux cabines plus spacieuses, mais pour un premier voyage en solo, elles offrent un excellent compromis entre budget maîtrisé, confort et sociabilité.

Stratégies pour négocier ou éviter les surcoûts en occupation simple

Peut-on réellement « négocier » un single supplement ? Pas au sens strict du terme, car les compagnies appliquent des grilles tarifaires standardisées. En revanche, vous pouvez considérablement le réduire en jouant sur plusieurs leviers : le choix du navire, la catégorie de cabine, la période de départ et surtout l’intermédiaire par lequel vous réservez. Certaines agences spécialisées dans les croisières solos négocient des allotements de cabines à supplément réduit, voire nul, sur un volume donné de départs. En les contactant directement ou en vous inscrivant à leurs newsletters, vous aurez accès à des offres qui n’apparaissent pas toujours sur les moteurs de recherche grand public.

Autre stratégie : accepter une cabine garantie plutôt que de choisir un numéro précis. Vous payez alors pour une catégorie minimale (intérieure, extérieure, balcon) et laissez la compagnie vous attribuer une cabine en fonction des disponibilités. En contrepartie de cette flexibilité, certaines compagnies réduisent le supplément individuel de quelques dizaines de pourcents. Enfin, envisager le partage de cabine avec un autre voyageur solo reste une option à considérer si votre priorité absolue est le prix. Plusieurs armateurs, notamment en croisière d’expédition ou en croisière fluviale, proposent des « cabines à partager » où vous ne payez que votre couchette, la seconde étant occupée par un passager du même sexe.

Périodes promotionnelles et destinations où le single supplement est réduit

Les périodes creuses sont vos meilleures alliées pour limiter les suppléments solo. En Méditerranée, viser l’automne (octobre-novembre) ou le tout début du printemps (mars-avril) permet souvent de profiter de campagnes « sans supplément individuel » sur les grandes compagnies généralistes. De même, les itinéraires plus longs ou plus exotiques, comme les transatlantiques, repositionnements ou tours du monde par segments, affichent fréquemment des tarifs beaucoup plus doux pour les passagers seuls, car les compagnies cherchent avant tout à remplir le navire sur ces longues traversées.

Côté destinations, les croisières fluviales en Europe (Danube, Rhin, Douro) et certains itinéraires d’expédition en Arctique ou Antarctique ont désormais intégré le voyage solo au cœur de leur modèle économique. Plusieurs compagnies annoncent clairement des départs avec « supplément individuel offert » ou plafonné à 20–25 % sur une sélection de dates. Sur le marché francophone, il est judicieux de surveiller les offres de CroisiEurope, Ponant ou encore certaines compagnies de luxe all inclusive comme Seabourn ou Regent, qui lancent ponctuellement des campagnes très agressives en faveur des solos pour équilibrer leurs listes de passagers.

Choisir sa compagnie et son itinéraire selon son profil de voyageur solitaire

Une croisière solo réussie commence par un choix cohérent entre votre profil de voyageur, l’ambiance recherchée à bord et le type de destination. Préférez-vous une atmosphère intimiste et culturelle, propice aux conversations de salon et aux conférences ? Ou au contraire un grand paquebot ultra-animé avec parcs aquatiques, clubs et vie nocturne festive ? En solo, ce positionnement devient encore plus important qu’en couple ou en famille, car vous puiserez une grande partie de votre plaisir de voyage dans l’ambiance quotidienne du navire. Il ne s’agit donc pas seulement de « trouver la meilleure compagnie », mais bien celle qui résonne le plus avec votre façon d’être et vos attentes.

Autre critère déterminant : la langue parlée à bord et le niveau d’accompagnement francophone. Si vous voyagez seul(e) et que vous n’êtes pas parfaitement à l’aise en anglais, choisir une croisière francophone ou au minimum un navire avec assistance en français vous évitera un stress supplémentaire. À l’inverse, si vous considérez votre croisière comme une opportunité de pratiquer une langue étrangère ou de rencontrer des voyageurs de tous horizons, les compagnies anglo-saxonnes et les itinéraires internationaux offriront un terrain de jeu idéal. Dans tous les cas, prenez le temps de lire les avis récents de voyageurs solos sur chaque compagnie : leurs retours d’expérience sont souvent plus parlants que les brochures officielles.

Cunard line et holland america : croisières premium pour célibataires seniors

Cunard Line et Holland America se positionnent sur un segment premium qui séduit particulièrement les voyageurs solos seniors. À bord des navires Cunard (Queen Mary 2, Queen Elizabeth, Queen Victoria), l’atmosphère évoque l’ère des grands liners : codes vestimentaires élégants, tea time, orchestres live et conférences culturelles. Pour un passager seul, ce cadre structuré rassure : les soirées formelles, les dîners servis à table et les activités culturelles créent de nombreuses occasions de rencontres sans pression, dans un environnement raffiné et plutôt calme. De plus, certains navires Cunard proposent des cabines individuelles avec vue mer, spécialement pensées pour les solos.

Holland America, de son côté, attire une clientèle internationale majoritairement mature, appréciant le confort, la gastronomie et les itinéraires riches en escales. La compagnie organise régulièrement des « solos meet-ups », des dîners regroupant les voyageurs seuls ainsi que des activités thématiques (cours de cuisine, conférences, clubs de lecture). Les itinéraires en Alaska, en Europe du Nord ou sur le canal de Panama sont particulièrement prisés des célibataires seniors à la recherche d’une croisière d’expédition douce, encadrée et sécurisante. Si vous voyagez seul(e) après 50 ou 60 ans, ces deux compagnies constituent d’excellents choix pour concilier sérénité, confort et sociabilité mesurée.

Virgin voyages et U by uniworld : concepts modernes pour millennials solo

À l’opposé du spectre, Virgin Voyages et U by Uniworld ont pensé leurs produits pour une clientèle adulte, urbaine et très connectée, où les voyageurs solo sont non seulement acceptés mais valorisés. Virgin Voyages, compagnie réservée aux plus de 18 ans, mise sur une ambiance « boutique hotel flottant » : design contemporain, restaurants à la carte sans supplément, soirées thématiques, cours de fitness tendances et programmation musicale pointue. Pour une femme seule ou un homme seul dans la trentaine ou la quarantaine, c’est l’option idéale pour sociabiliser sans se sentir « en décalage » avec des familles ou des enfants.

U by Uniworld, branche jeune et design du spécialiste de la croisière fluviale de luxe, cible les millennials avec des itinéraires sur le Danube et le Rhin combinant visites urbaines, nightlife et expériences locales. Les cabines sont pensées pour être partagées ou occupées en solo avec des suppléments raisonnables, et les programmes d’excursions incluent souvent des activités de groupe qui facilitent naturellement les rencontres (street food tours, ateliers cocktails, soirées dans les bars locaux). Si vous rêvez d’une croisière solo qui ressemble davantage à un city trip prolongé qu’à un séjour balnéaire, ces concepts nouvelle génération méritent une place en haut de votre liste.

Méditerranée occidentale versus caraïbes : destinations favorables aux solos

Entre une croisière en Méditerranée occidentale et un itinéraire dans les Caraïbes, laquelle est la plus adaptée à un voyageur solo ? Tout dépend de votre rapport au dépaysement et à la logistique. La Méditerranée occidentale (France, Espagne, Italie, Baléares, parfois Tunisie ou Maroc) présente l’avantage d’être proche, avec des escales facilement gérables en autonomie. Les villes portuaires sont généralement bien desservies, sécurisées et dotées d’infrastructures touristiques rodées. Pour une première croisière en solo depuis l’Europe, c’est souvent la destination la plus rassurante, d’autant que vous pourrez trouver de nombreuses croisières francophones.

Les Caraïbes, en revanche, offrent une atmosphère résolument vacances, entre plages de sable blanc, eaux turquoise et climat tropical. Pour un voyageur seul en quête de détente, c’est un terrain de jeu idéal : excursions simples, ambiance festive à bord, nombreuses compagnies américaines avec programmes pour solos. La principale contrainte réside dans le vol long-courrier à ajouter au budget, ainsi que dans les éventuels formalités (ESTA pour un départ de Floride, par exemple). Si vous acceptez cette dimension logistique supplémentaire, une croisière solo aux Caraïbes peut se révéler l’une des expériences les plus simples et les plus conviviales pour apprivoiser ce mode de voyage.

Croisières fluviales CroisiEurope et AmaWaterways en solo sur le danube

Pour les voyageurs solos qui privilégient la dimension culturelle et la convivialité à taille humaine, les croisières fluviales sur le Danube constituent une alternative de premier plan. CroisiEurope, compagnie française, propose de nombreux itinéraires entre Allemagne, Autriche, Hongrie et Balkans, avec des navires de petite capacité (souvent 100 à 180 passagers). L’ambiance à bord y est très familiale et francophone, ce qui facilite grandement l’intégration d’un passager seul. La compagnie lance plusieurs fois par an des offres « sans supplément single » sur une sélection de départs, notamment en début et fin de saison.

AmaWaterways, positionnée sur un segment plus haut de gamme et très prisée du public nord-américain, propose également des cabines individuelles sur certains de ses bateaux ainsi que des promotions ponctuelles pour les solos. Sur le Danube, vous profiterez d’escales quotidiennes au cœur des villes, facilement visitables à pied ou via des excursions de groupe déjà organisées. C’est un peu comme séjourner dans un hôtel-boutique itinérant : vous débutez la journée par un petit-déjeuner panoramique, partez explorer Vienne ou Budapest en journée, puis retrouvez chaque soir la même table, le même équipage et souvent les mêmes voisins, avec lesquels les liens se tissent très vite lorsqu’on voyage en solo.

Activités sociales à bord et programmes meet & mingle pour rompre l’isolement

L’un des grands atouts de la croisière en solo réside dans la facilité à rencontrer d’autres voyageurs sans jamais y être obligé. La plupart des grandes compagnies ont développé des programmes spécifiques de type « Meet & Mingle », « Solo Travelers Get-Together » ou « Welcome Cocktail » pour rassembler les passagers voyageant seuls dès les premiers jours. Ces rendez-vous informels permettent de briser la glace rapidement, un peu comme une soirée de rentrée où chacun vient avec la même envie de faire connaissance. En tant que voyageur seul, vous n’aurez donc pas à « forcer » les rencontres : la structure même du voyage crée un cadre naturel à la sociabilisation.

En parallèle, les activités quotidiennes à bord – cours de danse, ateliers de cuisine, quiz, conférences, animations sportives – sont autant d’occasions de lier conversation avec d’autres passagers partageant vos centres d’intérêt. L’avantage de la croisière solo, c’est que vous pouvez choisir à la carte : participer activement à toutes les animations si vous êtes d’humeur sociable, ou au contraire vous retirer sur le pont ou dans votre cabine quand vous ressentez le besoin de calme. Vous êtes seul maître de votre dose de socialisation, ce qui constitue un confort psychologique non négligeable.

Soirées cocktail et tables communautaires en salle à manger principale

Les soirées cocktail d’accueil et de gala jouent un rôle clé dans la vie sociale d’un navire. Elles rassemblent l’ensemble des passagers autour de l’équipage et du commandant, souvent avec un verre offert et une ambiance musicale. Pour les voyageurs solos, ces moments sont idéaux pour engager les premières conversations dans un cadre détendu. N’hésitez pas à vous placer au bar ou près des buffets, lieux stratégiques où les échanges se créent le plus spontanément. Certaines compagnies identifient même les voyageurs seuls (avec leur accord) afin de les inviter à des événements spécifiques ou de faciliter leur placement à table.

En salle à manger principale, le système de « tables partagées » ou « tables communautaires » est particulièrement avantageux pour le passager isolé. Plutôt que de dîner seul, vous serez naturellement placé avec d’autres voyageurs solos ou de petits groupes ouverts à la discussion. Sur les compagnies anglo-saxonnes, il est courant de demander une « shared table » pour 6 à 8 personnes, ce qui garantit presque chaque soir de nouveaux visages et de nouvelles histoires à écouter. Au bout de quelques jours, vous aurez probablement constitué un petit cercle de connaissances avec lesquelles vous choisirez de dîner régulièrement, atténuant ainsi totalement la crainte du repas en solitaire.

Excursions groupées shore excursions pour voyageurs individuels

Les excursions organisées à terre, souvent appelées « Shore Excursions », sont un autre vecteur puissant de rencontres pour les solos. En vous inscrivant à une visite guidée, un tour culturel ou une activité sportive, vous rejoignez immédiatement un petit groupe de passagers avec lesquels vous partagerez la journée. Rien de plus simple que de lancer la conversation dans un bus ou lors d’une visite de site historique : « Vous êtes déjà venu ici ? », « Vous voyagez seul(e) ? »… Ce sont des portes d’entrée naturelles pour créer du lien. De plus, vous bénéficiez du cadre rassurant d’un guide et d’un timing géré par la compagnie, ce qui limite le stress logistique lorsque l’on voyage seul.

Si vous préférez visiter par vous-même tout en conservant une dimension sociale, une stratégie efficace consiste à alterner excursions organisées et journées libres. Les premières vous permettront de rencontrer des compagnons de voyage avec qui vous pourrez ensuite choisir de partager un taxi, une balade ou un café lors d’une escale suivante. Beaucoup d’amitiés de croisière naissent précisément de ces journées à terre, où l’on se rend compte qu’on partage le même rythme de visite et la même manière de voyager. Pour un passager solo, c’est une manière fluide de passer d’une solitude choisie à une sociabilité conviviale.

Clubs et espaces dédiés aux célibataires sur les navires récents

Sur les navires les plus récents, certaines compagnies ont été plus loin en créant de véritables espaces dédiés aux voyageurs seuls. Norwegian Cruise Line, avec ses Studios, propose un lounge réservé aux occupants de ces cabines, où sont servis café, en-cas et parfois un petit-déjeuner continental. Ce « club » improvisé devient rapidement le point de ralliement des solos, qui s’y retrouvent pour discuter de leurs excursions, organiser un apéritif ou simplement lire en bonne compagnie. D’autres compagnies installent des panneaux d’affichage ou des corners d’information spécifiques où sont listées les activités recommandées pour les passagers solos chaque jour.

Certains navires, notamment dans les segments premium et luxe, organisent aussi des soirées thématiques « solos & singles », des ateliers de danse de salon avec changement de partenaire ou même des dîners tournants où vous changez de table à chaque service. L’objectif n’est pas nécessairement de favoriser les rencontres amoureuses (même si cela arrive), mais plutôt de créer un environnement où personne ne se sent exclu ou « de trop » parce qu’il voyage seul. Si la peur de l’isolement constitue votre principal frein à la croisière solo, vérifier la présence de ces dispositifs sociaux dans la description du navire peut faire toute la différence.

Sécurité personnelle et gestion logistique en tant que passager isolé

Voyager seul(e) en croisière offre un sentiment de liberté unique, mais soulève aussi des questions légitimes de sécurité et de gestion pratique. La bonne nouvelle, c’est qu’un navire de croisière constitue l’un des environnements de voyage les plus encadrés au monde : contrôles d’embarquement stricts, caméras de surveillance, équipes de sécurité dédiées, procédures d’urgence codifiées. En tant que passager isolé, vous bénéficiez des mêmes garanties qu’un couple ou une famille, avec l’avantage supplémentaire de pouvoir vous appuyer à tout moment sur la réception, votre steward de cabine ou le bureau des excursions en cas de doute ou de difficulté.

La vigilance reste toutefois de mise, notamment lors des escales. Comme pour tout voyage en solo, quelques réflexes simples s’imposent : garder vos papiers et moyens de paiement dans une pochette discrète, éviter d’exhiber objets de valeur, privilégier les zones fréquentées et bien éclairées, surtout le soir. Pensez également à mémoriser le plan du port et l’emplacement exact de votre navire avant de partir en visite, afin de ne pas vous retrouver désorienté au moment du retour. La plupart des compagnies fournissent une carte de l’escale et un numéro d’urgence local à conserver sur vous, un peu comme une bouée de sécurité en cas d’imprévu.

Sur le plan logistique, anticipez les principaux points de friction : transferts entre l’aéroport et le port, enregistrement des bagages, formalités d’embarquement. Réserver les transferts officiels proposés par la compagnie peut coûter un peu plus cher qu’un taxi local, mais cela vous garantit d’arriver à temps, dans le bon terminal, sans stress lié à la langue ou à la négociation. De même, si vous voyagez avec plusieurs valises, n’hésitez pas à utiliser le service de porteurs au port : en solo, préserver votre énergie dès le départ vous permettra de profiter pleinement des premiers jours à bord, au lieu de les passer à récupérer d’un embarquement épuisant.

Équipements cabine et services spécifiques adaptés au voyageur seul

Les cabines dédiées aux voyageurs solos, ou simplement bien adaptées à une occupation individuelle, offrent aujourd’hui un niveau de confort très satisfaisant. Même dans une cabine intérieure de petite taille, vous disposerez généralement d’un grand lit (ou de deux lits jumeaux rapprochés), d’une salle de bain privative, de rangements suffisants et d’une télévision avec chaînes internationales. Plusieurs compagnies ont repensé l’aménagement de leurs studios pour optimiser l’espace : rangements sous le lit, prises USB multiples, bureau compact, éclairage modulable. En solo, cette ergonomie fait toute la différence, car votre cabine devient à la fois votre cocon, votre dressing et parfois votre bureau de voyage.

Certains armateurs vont plus loin en proposant des services personnalisés pour les passagers seuls : room service étendu, conciergerie dédiée, possibilité de demander d’être placé à une table « solo-friendly » au restaurant principal, ou encore invitations spécifiques aux événements sociaux. Sur des compagnies premium ou de luxe, votre majordome ou steward peut devenir un véritable point de repère : il saura que vous voyagez seul(e), prendra des nouvelles régulièrement et veillera à ce que vous ne manquiez de rien. N’hésitez pas à lui signaler vos préférences (petit-déjeuner en cabine, glace dans le seau chaque soir, etc.) : ces petites attentions contribuent à transformer votre cabine en véritable refuge personnel.

Si vous hésitez entre plusieurs catégories de cabine, gardez à l’esprit que, pour un voyageur solo, l’emplacement peut compter autant que la surface. Une cabine proche des ascenseurs facilitera vos déplacements quotidiens, tandis qu’une cabine située à proximité du spa ou du solarium vous permettra de rejoindre rapidement vos espaces favoris. À l’inverse, si vous êtes sensible au bruit, évitez les cabines juste au-dessus du théâtre ou sous la piscine. Enfin, même seul(e), ne sous-estimez pas le plaisir d’un balcon privatif : c’est un espace supplémentaire où vous pourrez lire, méditer ou simplement contempler la mer, loin de toute agitation.

Budget prévisionnel réaliste : du billet aux dépenses annexes à bord

Construire un budget réaliste pour une croisière solo revient un peu à assembler un puzzle : le prix de base du billet n’est qu’une pièce parmi d’autres. Vous devrez y ajouter le supplément individuel éventuel, le transport jusqu’au port (train, avion, transferts), les pourboires obligatoires ou recommandés, les boissons, les excursions, les dépenses personnelles (spa, boutiques, casino) et les éventuels frais de connexion internet. En solo, ces postes ne se partagent pas, mais l’avantage est que vous gardez un contrôle total sur chacune de ces lignes : rien ne vous oblige, par exemple, à réserver une excursion payante à chaque escale si votre priorité est de maîtriser les coûts.

Pour établir votre budget, commencez par déterminer un plafond global, puis répartissez-le par grandes catégories. Une méthode simple consiste à considérer que, hors transport aérien, le coût total de votre croisière solo (supplément compris) sera en moyenne 1,3 à 1,7 fois le prix affiché « par personne en base double », selon la compagnie et la saison. Ajoutez ensuite 20 à 30 % de ce montant pour couvrir les dépenses à bord, en fonction de votre profil : plutôt « tout compris et raisonnable » ou amateur de restaurants de spécialités, de cocktails et d’excursions privées ? N’oubliez pas non plus de vérifier précisément ce qui est inclus dans votre formule (boissons, pourboires, wifi, etc.), afin d’éviter les mauvaises surprises au moment de la facture finale.

Enfin, quelques astuces simples permettent de réduire sensiblement le budget d’une croisière solo sans rogner sur le plaisir. Réserver en basse saison ou durant les périodes de promotion « sans supplément single », opter pour un forfait boissons adapté plutôt que payer à l’unité, privilégier certaines excursions indépendantes (bus de ville, visites à pied) lorsque la destination le permet, ou encore profiter des nombreuses activités gratuites à bord (spectacles, piscines, cours collectifs) sont autant de leviers efficaces. En croisière, comme dans un « hôtel qui voyage », votre chambre, vos repas de base et vos transports entre les escales sont déjà réglés : à vous de décider ensuite jusqu’où vous souhaitez faire grimper l’addition… ou au contraire l’optimiser.