Le voyage en train incarne une forme d’aventure intemporelle, offrant aux passagers une perspective unique sur des paysages spectaculaires tout en conjuguant confort et découverte. Contrairement aux déplacements aériens qui effacent la géographie, le rail vous connecte intimement au territoire qu’il traverse. Des sommets vertigineux des Alpes aux steppes infinies de Sibérie, en passant par les fjords norvégiens découpés par les glaciers, certaines régions du monde révèlent leur beauté la plus saisissante depuis les fenêtres d’un train. Cette manière de voyager, qui connaît aujourd’hui un regain d’intérêt face aux préoccupations environnementales, permet d’apprécier la transformation progressive des écosystèmes, de l’architecture et des cultures. Qu’il s’agisse de lignes historiques construites au prix d’exploits d’ingénierie remarquables ou de trains panoramiques contemporains conçus spécifiquement pour l’émerveillement visuel, ces parcours ferroviaires constituent bien plus qu’un simple moyen de transport : ils deviennent l’essence même du voyage.

Les parcours ferroviaires légendaires des Alpes suisses : Glacier Express et Bernina Express

La Suisse a élevé le voyage ferroviaire au rang d’art grâce à un réseau exceptionnel qui serpente à travers les Alpes avec une précision horlogère. Ces lignes, véritables prouesses techniques, transforment chaque trajet en expérience contemplative où l’ingénierie se met au service de la beauté naturelle. Le relief alpin, avec ses dénivelés extrêmes et ses conditions climatiques rigoureuses, a nécessité des innovations remarquables : tunnels hélicoïdaux, viaducs vertigineux et systèmes d’adhérence permettant de gravir des pentes impressionnantes. Les trains suisses ne se contentent pas de traverser ces paysages montagneux ; ils les révèlent sous des angles impossibles à découvrir autrement, offrant des panoramas qui s’étendent des glaciers étincelants aux vallées verdoyantes ponctuées de chalets traditionnels.

Le Glacier Express : traversée panoramique de Zermatt à Saint-Moritz

Surnommé « le train express le plus lent du monde », le Glacier Express parcourt 291 kilomètres en près de huit heures entre Zermatt et Saint-Moritz, deux stations alpines mythiques. Cette lenteur délibérée constitue précisément son atout majeur : vous disposez ainsi du temps nécessaire pour absorber la magnificence des paysages qui se succèdent comme les pages d’un album illustré. Le train franchit 291 ponts et traverse 91 tunnels, dont certains sculptés à même la roche au XIXe siècle. L’itinéraire culmine au col de l’Oberalp à 2 033 mètres d’altitude, offrant des vues spectaculaires sur les sommets enneigés. Les voitures panoramiques, dotées de larges baies vitrées s’étendant jusqu’au plafond, transforment chaque siège en poste d’observation privilégié. Durant la traversée, vous longerez le Cervin dont la silhouette pyramidale domine Zermatt, puis découvrirez les gorges du Rhin où la rivière a creusé des canyons spectaculaires dans le calcaire blanc. La vallée de la Surselva, avec ses villages traditionnels romans, précède la montée vers le col, tandis que la descente vers l’Engadine dévoile progressivement les lacs alpins aux eaux turquoise.

Le Bernina Express : franchissement du col de la Bernina et viaduc hélicoïdal de Brusio

Le Bernina Express propose une expérience radicalement différente : en quatre heures, ce train rouge emblématique relie Core à Coire en Suisse à Tirano en Italie, en franchissant le col de la Bernina à plus de 2 200 mètres d’altitude. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette ligne est un chef‑d’œuvre d’ingénierie qui parvient à vaincre le relief sans recourir au système à crémaillère. Le train grimpe patiemment, décrivant de larges courbes et empruntant des tunnels en spirale pour gagner de l’altitude tout en maintenant une inclinaison supportable pour les voyageurs.

Vous traversez des paysages alpins d’une grande diversité : glaciers étincelants, lacs de montagne comme le Lago Bianco aux eaux laiteuses, pâturages d’altitude où paissent les troupeaux et forêts de conifères. L’un des points forts du voyage est le fameux viaduc hélicoïdal de Brusio, une structure circulaire à ciel ouvert qui permet au train de perdre rapidement de l’altitude en effectuant une boucle complète. Observer votre propre convoi en contrebas, comme un serpent rouge enroulé autour de la colline, fait partie de ces moments que l’on n’oublie pas.

Le Bernina Express circule toute l’année, mais l’expérience varie selon les saisons : en hiver, les congères bordent la voie et le paysage se pare d’un blanc immaculé, tandis qu’en été les contrastes entre glaciers et prairies verdoyantes sont saisissants. Pour profiter pleinement des vues, il est conseillé de réserver une place côté vallée sur le tronçon Coire–Saint-Moritz, puis côté montagne vers Tirano. Pensez également à vous munir de lunettes de soleil : la réverbération sur la neige peut être intense, surtout par beau temps.

La ligne du gothard : ingénierie ferroviaire et tunnels historiques

Moins spectaculaire sur le plan purement panoramique mais fascinante pour les passionnés de technique, la ligne du Gothard relie le nord et le sud de la Suisse en franchissant le massif éponyme. Inaugurée à la fin du XIXe siècle, elle fut longtemps l’une des grandes artères ferroviaires d’Europe, notamment pour le trafic international entre l’Allemagne et l’Italie. Avant même l’arrivée du tunnel de base ultramoderne, le tracé historique multipliait déjà les prouesses : tunnels hélicoïdaux, viaducs en courbe et rampes soutenues qui permettent au train de s’élever dans des vallées encaissées.

Entre Göschenen et Airolo, le voyageur prend la mesure de l’effort humain nécessaire pour dompter ce col alpin. Les tunnels en spirale de Wassen, en particulier, offrent un curieux effet visuel : l’église du village apparaît successivement sous trois angles différents à mesure que le train décrit ses boucles dans la montagne. C’est un peu comme tourner les pages d’un livre d’images en 3D, chaque page révélant un nouveau point de vue sur le même motif. La traversée du tunnel du Gothard, long de 15 kilomètres, marque le passage symbolique de l’Europe du Nord vers l’ambiance plus méridionale du Tessin.

Pour vivre l’expérience du Gothard en tant que voyageur et non comme simple usager, privilégiez les trains régionaux ou les liaisons panoramiques saisonnières qui empruntent la vieille ligne de montagne plutôt que le tunnel de base à grande vitesse. Vous profiterez ainsi des vues sur les gorges et les villages accrochés aux pentes. En combinant cette ligne avec le Glacier Express ou le Golden Pass Line, vous pouvez composer un véritable circuit en train à travers les Alpes, idéal pour un séjour de 5 à 7 jours.

Le golden pass line : connexion entre lac léman et interlaken

Le Golden Pass Line relie Montreux, sur les rives du lac Léman, à Interlaken en traversant les Préalpes vaudoises et l’Oberland bernois. Ce parcours, qui peut se faire en une demi‑journée, est particulièrement apprécié des voyageurs qui souhaitent enchaîner montagnes et lacs sans passer des heures sur les rails. Depuis Montreux, le train grimpe immédiatement à flanc de coteau, offrant des vues plongeantes sur le Léman et ses vignobles en terrasses, classés eux aussi par l’UNESCO.

Passé les hauts pâturages et les chalets de bois, l’itinéraire traverse des stations emblématiques comme Gstaad, puis redescend en direction de Zweisimmen et du lac de Thoune. Certains trains Golden Pass proposent des voitures de style Belle Époque ou des sièges panoramiques à l’avant du convoi, donnant l’impression de conduire vous‑même la locomotive. Cette mise en scène renforce la dimension contemplative du voyage : vous voyez littéralement la voie s’ouvrir devant vous, comme un ruban d’acier déroulé au cœur des montagnes.

Le Golden Pass Line est aussi une excellente porte d’entrée pour découvrir la région de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, accessibles depuis Interlaken. Pour optimiser votre itinéraire, vous pouvez par exemple arriver en Suisse par Genève, rejoindre Montreux en train, emprunter le Golden Pass jusqu’à Interlaken, puis poursuivre vers Lucerne ou Zurich. Ce type de boucle ferroviaire, très simple à organiser grâce à la ponctualité suisse, permet de limiter l’usage de la voiture tout en profitant d’une grande liberté de mouvement.

Les trajets ferroviaires spectaculaires à travers les rocheuses canadiennes

Traverser les Rocheuses canadiennes en train, c’est embrasser à la fois l’immensité du territoire nord‑américain et la douceur d’un mode de déplacement lent et immersif. Entre forêts boréales, lacs glaciaires et crêtes enneigées, les lignes ferroviaires du Canada offrent quelques‑uns des plus beaux voyages en train du monde. Ici, plus qu’ailleurs, on ressent la notion de distance : les kilomètres s’étirent comme une toile de fond, et chaque courbe de la voie révèle un paysage différent, souvent intact de toute présence humaine.

Que vous choisissiez un train de luxe entièrement dédié au tourisme ou un convoi de ligne régulière, l’expérience repose sur le même principe : prendre le temps de regarder défiler le paysage et accepter que le trajet fasse partie intégrante de l’aventure. Les parcours Vancouver‑Banff ou Toronto‑Vancouver sont ainsi devenus des classiques pour les amateurs de voyage en train à travers le monde, au même titre que le Transsibérien ou le Glacier Express.

Le rocky mountaineer : itinéraires Vancouver-Banff et jasper en voitures panoramiques

Le Rocky Mountaineer est probablement le train le plus célèbre des Rocheuses canadiennes. Opérant exclusivement de jour, il propose plusieurs itinéraires reliant Vancouver à Banff, Lake Louise ou Jasper via les passes montagneuses de la Colombie‑Britannique et de l’Alberta. Contrairement à un train classique, le Rocky Mountaineer est conçu comme une véritable croisière terrestre : voitures panoramiques à deux niveaux, service de restauration gastronomique, commentaires en direct sur les paysages et les points d’intérêt.

Les voitures de la catégorie GoldLeaf se distinguent par un dôme de verre intégral à l’étage, offrant une visibilité à 360 degrés sur les sommets, les forêts et les cours d’eau. En bas, un restaurant sert des menus inspirés des produits locaux, tandis qu’une plateforme extérieure permet de photographier le paysage sans reflet. Imaginez savourer un saumon sauvage du Pacifique pendant qu’un aigle à tête blanche plane au‑dessus d’une rivière en contrebas : c’est ce type de contraste entre confort et nature brute qui fait le succès de ce voyage en train.

Les tarifs débutent autour de quelques milliers de dollars canadiens pour un itinéraire de deux ou trois jours, incluant généralement les nuits à l’hôtel. Pour optimiser votre budget, vous pouvez opter pour la classe SilverLeaf, qui offre également de grandes baies vitrées, mais dans des voitures à un seul niveau. Dans tous les cas, la réservation anticipée est fortement recommandée, surtout entre juin et septembre, période où les Rocheuses attirent le plus de visiteurs.

Le VIA rail canadian : traversée transcontinentale de toronto à vancouver

Pour ceux qui rêvent d’un voyage en train à travers le Canada d’est en ouest, le Canadian de VIA Rail relie Toronto à Vancouver en environ quatre jours et quatre nuits. Ce train de ligne, qui parcourt près de 4 500 kilomètres, traverse des paysages remarquablement variés : forêts d’Ontario, prairies infinies du Manitoba et de la Saskatchewan, puis reliefs de plus en plus marqués à l’approche des Rocheuses. C’est un peu comme regarder défiler un documentaire géographique en accéléré, tout en ayant la liberté de vous déplacer entre votre cabine, la voiture‑restaurant et le wagon panoramique.

Les voitures d’observation, surnommées Skyline ou Park selon leur configuration, sont équipées de dômes vitrés qui permettent d’admirer le ciel étoilé ou les aurores boréales en hiver. Vous pouvez choisir entre un simple siège inclinable, une couchette partagée ou une cabine privée, les tarifs variant en conséquence. Pour un confort optimal sur un aussi long trajet, une cabine avec lit et douche est généralement préférable, surtout si vous voyagez en couple ou en famille.

Le Canadian ne circule pas tous les jours sur l’ensemble de son parcours, et les horaires peuvent être affectés par le trafic de fret, prioritaire sur certaines sections. Il est donc important de prévoir une marge de sécurité si vous avez des correspondances aériennes ou des réservations d’hôtels à votre arrivée. En contrepartie, cette relative lenteur contribue au charme du voyage : vous apprenez à vivre au rythme du train, à discuter avec d’autres voyageurs dans le wagon‑bar et à observer patiemment la faune sauvage – wapitis, ours noirs, orignaux – qui apparaît parfois au détour d’une clairière.

Le whistler mountaineer : corridor Sea-to-Sky entre vancouver et whistler

Plus court mais tout aussi spectaculaire, le trajet entre Vancouver et Whistler suit le fameux corridor Sea‑to‑Sky, qui longe le fjord de Howe Sound avant de s’enfoncer dans les vallées montagneuses de la chaîne Côtière. Si le service original Whistler Mountaineer a évolué au fil des années, le principe reste le même : relier la métropole côtière à la station de montagne en offrant une alternative panoramique à la route.

Depuis les larges baies vitrées, vous voyez défiler les eaux bleu profond du détroit de Géorgie, les falaises abruptes plongeant dans la mer et les forêts de conifères qui semblent s’accrocher à la pente. À mesure que le train gagne de l’altitude, les horizons se ferment et laissent place à des paysages plus alpins : pics enneigés, torrents issus des glaciers, petits lacs suspendus. Le trajet dure environ trois heures, ce qui en fait une excellente option pour une excursion d’une journée ou comme prélude à un séjour de ski ou de randonnée à Whistler.

Ce corridor étant très prisé, en particulier l’été et lors des grands week‑ends, il est judicieux de réserver à l’avance, même pour un trajet relativement court. Pour limiter votre empreinte carbone tout en profitant d’un panorama unique, vous pouvez par exemple envisager un aller en train et un retour en bus ou en covoiturage, selon les services disponibles au moment de votre voyage.

Les lignes ferroviaires côtières et fjords de norvège : bergen à oslo

Avec ses fjords profonds entaillant la côte, ses plateaux balayés par le vent et ses montagnes abruptes plongeant dans la mer, la Norvège se prête particulièrement bien au voyage en train. Les lignes ferroviaires y jouent souvent le rôle de fil conducteur entre des paysages isolés, parfois inaccessibles par la route en hiver. Voyager en train en Norvège, c’est accepter de suivre le rythme d’un pays où la nature impose ses règles : tempêtes de neige, nuit polaire, mais aussi lumière cristalline de l’été arctique.

Les liaisons les plus célèbres relient Oslo à Bergen ou Trondheim, mais de nombreuses lignes secondaires valent également le détour, notamment pour la diversité de leurs panoramas. Certaines combinent train, bateau et bus dans des itinéraires intégrés, permettant de découvrir fjords, montagnes et villages de pêcheurs sans louer de voiture. Pour les amateurs de slow travel, ces combinaisons offrent une manière cohérente et responsable de parcourir le pays.

La bergensbanen : ligne Bergen-Oslo à travers le plateau du hardangervidda

La Bergensbanen, qui relie Oslo à Bergen en environ sept heures, est souvent décrite comme l’une des plus belles lignes ferroviaires d’Europe. Elle traverse le plateau du Hardangervidda, le plus vaste plateau de montagne d’Europe, situé à plus de 1 200 mètres d’altitude. En hiver, ce tronçon évoque un désert de neige balayé par les vents, où seules émergent les silhouettes des cabanes et des poteaux de signalisation. En été, la toundra se pare de mousses, de lichens et de petites fleurs, offrant une palette de couleurs subtiles.

Le trajet franchit de nombreux tunnels et viaducs, mais les sections à ciel ouvert sont suffisamment longues pour permettre une immersion dans ces paysages quasi lunaires. Des arrêts comme Finse, accessible uniquement par le train, donnent la mesure de l’isolement de certains lieux. Ce n’est pas un hasard si cette région a servi de décor à des entraînements polaires et à des tournages de films évoquant d’autres planètes : l’horizon y est si vaste qu’on a parfois l’impression d’être au bout du monde.

Pour tirer le meilleur parti de la Bergensbanen, il est conseillé de réserver une place côté fenêtre et d’éviter les trajets de nuit, même si quelques liaisons nocturnes existent. Vous pouvez aussi combiner ce train avec un circuit fjords incluant un parcours en bateau sur le Nærøyfjord ou le Sognefjord, de manière à varier les points de vue et à multiplier les expériences sans multiplier les kilomètres en voiture.

La flåmsbana : descente vertigineuse entre myrdal et flåm

La Flåmsbana est une courte mais spectaculaire ligne à voie normale qui relie la gare de montagne de Myrdal, sur la Bergensbanen, au village de Flåm, niché au fond d’un bras du Sognefjord. Sur seulement 20 kilomètres, le train descend plus de 860 mètres de dénivelé, ce qui en fait l’une des lignes non à crémaillère les plus pentues du monde. Pour y parvenir, les ingénieurs ont multiplié les tunnels creusés à la main et les virages serrés, offrant aux passagers une succession de points de vue sur des cascades vertigineuses et des parois rocheuses impressionnantes.

À mi‑parcours, le train marque un arrêt à la cascade de Kjosfossen, où vous pouvez descendre sur un quai panoramique pour ressentir la puissance de l’eau et prendre des photos. En été, une petite mise en scène inspirée du folklore local ajoute une note insolite à l’expérience. La Flåmsbana est souvent combinée avec une croisière sur le fjord et un trajet en bus de montagne, dans un circuit commercialisé sous le nom de Norway in a Nutshell, très populaire auprès des voyageurs internationaux.

Comme la ligne est très fréquentée en haute saison, il est judicieux de réserver vos billets plusieurs semaines à l’avance, surtout si vous voyagez en famille ou en groupe. Pour une expérience plus calme, privilégiez le printemps ou l’automne, lorsque les couleurs sont particulièrement belles et que la fréquentation est moindre. N’oubliez pas de vous habiller chaudement, même en été : la différence de température entre Myrdal et Flåm peut être significative.

La nordlandsbanen : ligne arctique de trondheim à bodø

Moins connue que la Bergensbanen mais tout aussi fascinante, la Nordlandsbanen relie Trondheim à Bodø en traversant le cercle polaire arctique. Sur près de 730 kilomètres, elle offre une immersion progressive dans les paysages du Nord : forêts clairsemées, marécages, lacs, puis plateaux rocheux et côtes découpées à l’approche de Bodø. En hiver, les nuits longues sont propices à l’observation des aurores boréales depuis le confort de votre siège ou de votre couchette.

Le passage symbolique du cercle polaire est indiqué par un monument visible depuis le train, et commenté à bord. Au‑delà de ce point, les saisons se vivent différemment : soleil de minuit en été, faible luminosité en hiver. Voyager sur la Nordlandsbanen, c’est aussi prendre conscience des contraintes logistiques auxquelles sont confrontées les communautés du Nord, pour qui le train reste un lien vital, notamment lorsque les routes sont fermées ou dangereuses.

Les trains de nuit offrent un bon compromis entre gain de temps et expérience immersive, surtout si vous choisissez une cabine avec couchette. Pour les amateurs de photographie, un trajet de jour en été permet cependant de profiter pleinement des paysages, la lumière rasant les reliefs durant de longues heures. Il est possible de combiner la Nordlandsbanen avec des ferries côtiers ou des bus régionaux pour explorer davantage les îles Lofoten ou Vesterålen, véritables joyaux de l’arc arctique norvégien.

La raumabanen : vallée de romsdalen et pont de kylling

La Raumabanen est une courte ligne régionale reliant Dombås à Åndalsnes, au fond de la vallée de Romsdalen. Sur une centaine de kilomètres, elle enchaîne tunnels, viaducs et courbes serrées dans un décor de montagnes abruptes, de falaises et de rivières tumultueuses. L’un des points les plus photogéniques est le pont de Kylling, un viaduc en pierre de 76 mètres de haut qui enjambe la rivière Rauma dans un cadre spectaculaire.

Les parois verticales du Trollveggen, la « paroi du Troll », font également partie des panoramas marquants de ce trajet. Aux beaux jours, vous pouvez voir des alpinistes ou des base‑jumpers évoluer sur ces falaises mythiques, ce qui donne une idée de l’échelle du paysage. La ligne est particulièrement belle au printemps, lorsque les cascades sont gonflées par la fonte des neiges, et en automne, lorsque les forêts de bouleaux se parent de teintes dorées.

La Raumabanen est souvent utilisée comme porte d’entrée vers les fjords de l’ouest, notamment en combinant le train avec des ferries et des bus. Si vous aimez planifier des itinéraires ferroviaires modulaires, vous pouvez l’intégrer dans un circuit plus large incluant la Bergensbanen ou la Dovrebanen, créant ainsi un véritable réseau d’exploration lent et durable au cœur de la Norvège.

Les chemins de fer historiques des highlands écossais

Les Highlands écossais évoquent immédiatement landes brumeuses, lochs mystérieux et ruines de châteaux balayés par le vent. Découvrir cette région en train, c’est superposer à ce décor romantique le charme d’infrastructures ferroviaires parfois centenaires, construites à l’époque victorienne pour relier des villages reculés à la capitale. Beaucoup de ces lignes ont été préservées, parfois sous forme de chemins de fer touristiques à vapeur, offrant une atmosphère presque intemporelle.

Les trajets sont rarement longs en kilomètres, mais riches en émotions : le train semble glisser au ralenti au milieu des bruyères, franchir des viaducs élégants en pierre et longer des baies sauvages où l’on aperçoit parfois des phoques ou des dauphins. Pour les amateurs de voyages en train à travers le monde, les Highlands représentent une destination à échelle humaine, idéale pour un premier séjour ferroviaire avant d’envisager des itinéraires plus lointains.

La west highland line : glasgow à mallaig via le viaduc de glenfinnan

La West Highland Line relie Glasgow à Mallaig en passant par Fort William, offrant l’un des voyages en train les plus iconiques d’Europe. Après avoir quitté les faubourgs de la grande ville, le train s’enfonce progressivement dans des paysages de plus en plus sauvages : rivières sinueuses, lacs sombres entourés de montagnes, tourbières et landes couvertes de bruyère. À mesure que les kilomètres défilent, la densité humaine diminue, et l’on comprend pourquoi cette région a longtemps été considérée comme l’une des plus isolées du Royaume‑Uni.

Le point d’orgue du trajet est sans conteste le viaduc de Glenfinnan, un ouvrage en béton de 21 arches devenu célèbre grâce à la saga cinématographique Harry Potter. Lorsque le train décrit sa courbe sur ce viaduc surplombant le Loch Shiel, il est difficile de ne pas penser au Poudlard Express. Les photographes se postent d’ailleurs sur les collines environnantes pour immortaliser ce moment, ce qui ajoute à l’ambiance quasi théâtrale du passage.

La West Highland Line est desservie par des trains réguliers opérés par ScotRail, mais aussi, en saison, par un train à vapeur touristique qui renforce encore le charme du parcours. Pour une expérience optimale, essayez de voyager de jour et, si possible, à une période où la météo est relativement clémente, même si en Écosse, les nuages et la pluie font aussi partie du décor. Un imperméable et des vêtements chauds restent indispensables, quelle que soit la saison.

Le jacobite steam train : parcours du poudlard express entre fort william et mallaig

Le Jacobite Steam Train opère sur la section la plus spectaculaire de la West Highland Line, entre Fort William et Mallaig. Tiré par une locomotive à vapeur classique, il reconstitue l’ambiance des grands voyages ferroviaires du début du XXe siècle, avec ses voitures à compartiments et ses nuages de vapeur blanche s’échappant de la cheminée. Les fans de Harry Potter y reconnaîtront immédiatement le Poudlard Express, utilisé pour les scènes extérieures des films.

Le parcours dure environ deux heures dans chaque sens et franchit le viaduc de Glenfinnan, offrant aux passagers l’expérience de ce passage emblématique depuis l’intérieur du train. Le convoi longe ensuite des plages de sable blanc, des criques aux eaux turquoise et des villages de pêcheurs typiques avant d’atteindre Mallaig, où vous pouvez déguster des fruits de mer frais avant le trajet retour. Pour les familles, c’est une occasion unique de combiner voyage en train et univers magique sans quitter l’Europe.

Les billets pour le Jacobite Steam Train se vendent souvent plusieurs mois à l’avance, surtout en été. Pensez donc à réserver tôt si ce voyage figure sur votre liste de souhaits. Notez également que la météo écossaise peut réserver des surprises : emportez une veste imperméable et prévoyez des marges dans votre planning pour faire face à d’éventuels retards ou changements d’horaire.

La kyle line : inverness à kyle of lochalsh face à l’île de skye

La Kyle Line relie Inverness, capitale des Highlands, à Kyle of Lochalsh, face à l’île de Skye. Sur environ 120 kilomètres, le train suit d’abord les rives du Beauly Firth, puis s’enfonce dans des vallées intérieures avant de rejoindre la côte ouest, découpée et sauvage. Le contraste entre les paysages plus doux de l’est et les reliefs escarpés de l’ouest illustre parfaitement la diversité des Highlands.

À l’approche de Kyle of Lochalsh, les vues sur le pont menant à Skye et sur les montagnes de l’île sont particulièrement photogéniques. Par temps clair, la lumière changeante met en valeur les nuances de vert, de gris et de bleu typiques de cette région maritime. La ligne dessert également plusieurs petites gares qui peuvent servir de point de départ pour des randonnées, ce qui en fait un excellent outil pour les voyageurs souhaitant combiner train et marche à pied.

Comme pour d’autres lignes rurales au Royaume‑Uni, il est conseillé de vérifier les horaires à l’avance et de garder à l’esprit que les fréquences peuvent être limitées, surtout le week‑end. Cela fait cependant partie du charme de ces voyages en train à travers le monde : ils exigent une certaine flexibilité, mais offrent en retour une immersion authentique dans des territoires préservés.

Les trains panoramiques asiatiques : du transsibérien au darjeeling himalayan railway

Le continent asiatique abrite certains des itinéraires ferroviaires les plus fascinants de la planète, qu’il s’agisse de lignes mythiques traversant des milliers de kilomètres ou de chemins de fer de montagne défiant les lois de la gravité. Voyager en train en Asie, c’est passer en quelques jours des forêts boréales aux steppes, des rizières en terrasses aux hauts plateaux tibétains, tout en observant depuis votre siège la vie quotidienne des villages et des villes.

Ces grandes routes ferrées ont souvent joué un rôle clé dans le développement économique et culturel des régions qu’elles traversent. Aujourd’hui encore, elles constituent un moyen privilégié de découvrir des territoires parfois difficiles d’accès par d’autres moyens. Pour les amateurs de voyage en train à travers le monde, l’Asie représente un terrain d’exploration quasi inépuisable, où coexistent trains de luxe, lignes locales animées et voies ferrées historiques classées à l’UNESCO.

Le transsibérien : itinéraire Moscou-Vladivostok via lac baïkal et steppes mongoles

Le Transsibérien reste, dans l’imaginaire collectif, le voyage en train par excellence. Reliant Moscou à Vladivostok sur près de 9 300 kilomètres, cette ligne traverse sept fuseaux horaires et une multitude de paysages : forêts de bouleaux, villages de maisons en bois, grandes villes industrielles, steppe infinie et abords du mythique lac Baïkal. Selon les trains et les arrêts choisis, le trajet complet peut durer de six à dix jours, voire davantage si vous multipliez les escales.

De nombreux voyageurs optent pour une variante transmongole ou transmandchourienne, qui quitte la ligne principale pour rejoindre Oulan‑Bator en Mongolie, puis Pékin en Chine. Cette option permet de combiner la Russie, les steppes mongoles et la Grande Muraille dans un même itinéraire, au prix d’une logistique un peu plus complexe en termes de visas et de réservations. C’est un peu l’équivalent ferroviaire d’un tour du monde condensé en un seul continent.

Pour préparer un voyage en Transsibérien, il est essentiel de bien anticiper les formalités (visas, enregistrements, billets segmentés ou non) et de réfléchir au niveau de confort souhaité : compartiment à quatre couchettes, à deux, ou siège de troisième classe pour les budgets les plus serrés. Une bonne assurance voyage est également recommandée, car les distances et l’éloignement rendent plus délicate la gestion des imprévus. En contrepartie, rares sont les expériences qui offrent une telle immersion dans la notion de distance et dans la diversité humaine d’un pays‑continent.

Le darjeeling himalayan railway : train à vapeur UNESCO dans les contreforts himalayens

Le Darjeeling Himalayan Railway, surnommé Toy Train, relie Siliguri à Darjeeling dans l’État du Bengale‑Occidental, en Inde. Inaugurée en 1881, cette ligne étroite et sinueuse est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de son ingénierie audacieuse et de son importance historique. Le train grimpe des plaines chaudes du piémont jusqu’aux collines fraîches des contreforts himalayens, empruntant boucles, zigzags et viaducs pour vaincre la pente.

Le parcours traverse des plantations de thé verdoyantes, des villages colorés et des forêts de pins enveloppées de brume, offrant une ambiance presque irréelle. Par endroits, la voie ferrée longe la route tellement de près que le train semble côtoyer les boutiques et les passants, comme un invité permanent du quotidien local. Cette proximité avec la vie des habitants fait partie du charme de cette ligne, où le train demeure un moyen de transport vital autant qu’une attraction touristique.

Plusieurs tronçons sont encore exploités en traction vapeur, notamment pour les services touristiques courts au départ de Darjeeling. Les fréquences et les types de trains peuvent varier selon les saisons, il est donc utile de vérifier les horaires à jour avant de planifier votre déplacement. Si vous êtes sensible au mal des transports, gardez à l’esprit que le train progresse lentement mais enchaîne de nombreux virages : prévoyez de quoi vous hydrater et, éventuellement, un traitement adapté.

Le seven stars in kyushu : circuit de luxe à travers les volcans japonais

Au Japon, pays du train à grande vitesse, le Seven Stars in Kyushu incarne une autre facette du voyage ferroviaire : celle du luxe slow travel. Ce train de croisière, lancé en 2013, propose des circuits de deux à quatre jours autour de l’île de Kyushu, au sud de l’archipel. Ses voitures richement décorées, mêlant artisanat traditionnel japonais et design contemporain, offrent un cadre intimiste pour découvrir une région volcanique aux paysages variés : caldeiras, sources chaudes, rizières et littoral découpé.

Contrairement à un train classique, le Seven Stars circule à un rythme volontairement lent et s’arrête régulièrement pour permettre des excursions guidées : visite de villes thermales comme Yufuin ou Beppu, dégustations de spécialités locales, découvertes de sanctuaires et de jardins. À bord, la gastronomie est mise à l’honneur, avec des menus élaborés à partir de produits de saison provenant des différentes préfectures de Kyushu.

Les places à bord de ce train étant très limitées, un système de loterie est parfois utilisé pour attribuer les réservations, tant la demande est forte. Si vous rêvez d’un voyage en train au Japon qui allie confort extrême, immersion culturelle et paysages volcaniques, ce train constitue une option d’exception, mais à un budget conséquent. Pour une approche plus accessible, vous pouvez recréer un itinéraire similaire en combinant les lignes régulières JR Kyushu et en réservant vos propres hébergements dans les onsen et ryokan de la région.

La ligne Qinghai-Tibet : voie ferrée la plus haute du monde vers lhassa

La ligne Qinghai‑Tibet relie Xining, dans la province chinoise du Qinghai, à Lhassa, capitale du Tibet, sur plus de 1 900 kilomètres. Considérée comme la voie ferrée la plus haute du monde, elle franchit plusieurs cols à plus de 5 000 mètres d’altitude, notamment le col de Tanggula. Pour permettre le passage du train dans ces conditions extrêmes, les ingénieurs ont dû composer avec le permafrost, le manque d’oxygène et des températures pouvant descendre très bas en hiver.

À bord, des systèmes d’oxygénation sont prévus dans les voitures pour aider les passagers à s’acclimater, et des informations sont diffusées pour rappeler les gestes à adopter en altitude (boire régulièrement, éviter les efforts brusques). Les paysages traversés sont d’une beauté austère : hauts plateaux balayés par le vent, lacs turquoise, troupeaux de yaks et sommets enneigés à l’horizon. C’est un environnement qui peut évoquer la surface d’une autre planète, tant il diffère des plaines densément peuplées d’autres régions de Chine.

Un tel voyage nécessite cependant de prendre en compte des considérations éthiques et politiques, notamment en ce qui concerne la situation du Tibet et l’impact de l’infrastructure sur les populations et l’environnement locaux. Avant de planifier ce trajet, il est important de s’informer sur les conditions d’entrée, les permis nécessaires et les recommandations sanitaires liées à l’altitude. Bien préparé, ce voyage en train vers le « toit du monde » reste néanmoins une expérience profondément marquante pour ceux qui la vivent.

Les circuits ferroviaires emblématiques d’amérique latine

L’Amérique latine offre un mélange fascinant de lignes ferroviaires historiques, de trains touristiques de montagne et de projets récents visant à redonner vie à des infrastructures longtemps délaissées. Voyager en train sur ce continent, c’est souvent accepter un certain degré d’imprévu, mais c’est aussi bénéficier d’une proximité unique avec des paysages parmi les plus spectaculaires de la planète : Andes vertigineuses, hauts plateaux arides, forêts tropicales et côtes pacifiques.

Les chemins de fer y ont souvent été construits dans des conditions héroïques, à flanc de montagne ou au-dessus de ravins profonds, ce qui explique leur réputation de « trains de l’extrême ». Pour les voyageurs en quête de sensations fortes et d’authenticité, ces circuits ferroviaires emblématiques constituent une excellente manière de compléter un itinéraire plus classique en bus ou en avion, tout en réduisant l’empreinte carbone globale du voyage.

Le tren a las nubes : traversée de la puna argentine et viaduc de la polvorilla

Le Tren a las Nubes, ou « train des nuages », circule dans le nord‑ouest de l’Argentine, à partir de la ville de Salta. Son itinéraire le plus célèbre mène jusqu’au viaduc de La Polvorilla, à plus de 4 200 mètres d’altitude, ce qui en fait l’une des lignes les plus hautes du monde. Le train serpente sur les flancs de la cordillère des Andes, traversant des paysages de puna aride ponctués de cactus, de villages andins et de montagnes multicolores.

Le viaduc métallique de La Polvorilla, long de 224 mètres, est l’un des points forts du trajet : lorsque le train le franchit à vitesse réduite, vous avez littéralement l’impression de flotter au‑dessus du vide, les nuages pouvant parfois envelopper partiellement la structure. Cette sensation de se trouver entre ciel et terre illustre bien le surnom du train. En raison de l’altitude, des annonces rappellent aux passagers de se lever progressivement, de boire de l’eau et d’éviter les efforts physiques intenses.

Le service ayant évolué au fil des ans, il est important de vérifier les formules proposées au moment de votre voyage : train uniquement, combiné bus + train, excursions incluses, etc. Dans tous les cas, prévoyez des vêtements chauds, même en été, car le vent peut être glacial à plus de 4 000 mètres. Une acclimatation préalable à Salta ou dans une autre ville d’altitude est également recommandée pour limiter les risques de mal des montagnes.

Le chepe : ligne ferrocarril chihuahua al pacífico à travers les canyons du cuivre

Au Mexique, la ligne Ferrocarril Chihuahua al Pacífico, plus connue sous le nom de Chepe, traverse la Sierra Madre occidentale et les spectaculaires Barrancas del Cobre, ou Canyons du Cuivre. Sur près de 650 kilomètres, le train franchit 86 tunnels et 37 ponts, gravissant des pentes abruptes et décrivant des courbes serrées au-dessus de précipices vertigineux. Les paysages alternent entre plateaux arides, vallées profondes, forêts de pins et villages isolés.

Deux services principaux coexistent : le Chepe Express, orienté vers le tourisme, et le Chepe Regional, davantage utilisé par les populations locales. Le premier propose des voitures plus confortables, un service de restauration et des arrêts ciblés dans des lieux emblématiques comme Divisadero, où plusieurs belvédères offrent des vues panoramiques sur les canyons. Le second marque davantage d’arrêts intermédiaires, permettant une immersion plus authentique dans la vie quotidienne de la région.

Pour tirer pleinement parti de ce voyage en train, l’idéal est de le combiner avec des nuits d’étape dans les villages de montagne, de manière à explorer les environs à pied ou en véhicule local. Les possibilités de randonnées, de visites de communautés rarámuri (tarahumaras) et d’activités de plein air sont nombreuses. Comme toujours en zone montagneuse, il convient de se renseigner sur les conditions de sécurité et de privilégier des opérateurs reconnus pour l’organisation d’excursions.

Le tren crucero : parcours andin de quito à guayaquil en équateur

En Équateur, le Tren Crucero a longtemps offert un itinéraire de plusieurs jours entre Quito et Guayaquil, combinant tronçons en train historique et segments en bus, avec hébergements et excursions inclus. Bien que le service ait connu des interruptions et des réorganisations, le concept reste emblématique : traverser la cordillère des Andes du nord au sud, en passant de hauts plateaux andins à la côte pacifique, en quelques jours seulement.

Le point le plus célèbre du parcours est la Nariz del Diablo, ou « Nez du Diable », une section de voie en zigzag qui permet au train de franchir un fort dénivelé sur un versant montagneux particulièrement abrupt. À cet endroit, le train avance, puis recule pour emprunter un aiguillage et poursuivre sa descente sur une autre rampe : une manœuvre spectaculaire qui témoigne de l’ingéniosité des ingénieurs ferroviaires du début du XXe siècle.

Avant de planifier un voyage en Tren Crucero, il est impératif de vérifier l’état actuel des services ferroviaires en Équateur, certains tronçons ayant été affectés par des événements climatiques ou économiques. Si le train n’est pas opérationnel au moment de votre séjour, des itinéraires alternatifs en bus ou en voiture de location permettent néanmoins de suivre à peu près le même tracé, en visitant des villes comme Riobamba, Alausí ou Latacunga. Dans tous les cas, la cordillère équatorienne reste un terrain de jeu exceptionnel pour qui aime conjuguer paysages de haute altitude, rencontres culturelles et déplacements lents.