L’industrie des croisières connaît une croissance exponentielle avec plus de 31,5 millions de passagers en 2023, mais cette expansion s’accompagne d’un impact environnemental considérable. Les navires de croisière génèrent des émissions de carbone équivalentes à celles d’un million de voitures et rejettent quotidiennement des milliers de tonnes de déchets dans les océans. Face à cette réalité préoccupante, les compagnies maritimes développent des technologies innovantes et les voyageurs adoptent progressivement des pratiques plus responsables. Concilier plaisir de la croisière et respect de l’environnement devient aujourd’hui un enjeu majeur nécessitant l’engagement de tous les acteurs du secteur.

Impact environnemental du transport maritime de croisière : émissions carbone et pollution marine

Le secteur des croisières représente aujourd’hui l’une des sources de pollution les plus préoccupantes du transport maritime. Un seul paquebot de croisière émet autant de particules polluantes que l’ensemble des véhicules de plusieurs grandes villes européennes. Cette pollution massive résulte principalement de l’utilisation du fioul lourd, un carburant particulièrement nocif pour l’environnement. Les navires de croisière fonctionnent 24h/24, consommant d’énormes quantités d’énergie pour alimenter leurs équipements : climatisation, éclairage, restaurants, piscines et autres installations de divertissement.

Émissions de CO2 des navires MSC seaside et royal caribbean oasis class

Les géants des mers comme les navires de la classe MSC Seaside et Royal Caribbean Oasis Class illustrent parfaitement l’ampleur des défis environnementaux. Ces mastodontes de plus de 360 mètres de long émettent approximativement 390 grammes de CO2 par passager et par kilomètre parcouru, soit 2,4 fois plus qu’un vol commercial. L’empreinte carbone d’une croisière de huit jours équivaut à 2,2 tonnes d’équivalent CO2, représentant près du quart de l’empreinte carbone annuelle recommandée par les Accords de Paris. Ces chiffres alarmants s’expliquent par la taille démesurée de ces navires qui peuvent accueillir jusqu’à 6 000 passagers et 2 000 membres d’équipage.

Rejets d’eaux grises et noires dans les sanctuaires marins méditerranéens

La pollution marine causée par les rejets d’eaux usées constitue un autre aspect critique de l’impact environnemental des croisières. Un paquebot de 4 300 passagers génère quotidiennement environ 1,9 million de litres d’eaux usées, soit 440 litres par personne. Ces eaux grises et noires contiennent des détergents, des résidus alimentaires, des produits chimiques et des bactéries qui, une fois déversées en mer, perturbent gravement les écosystèmes marins. En Méditerranée, cette pollution est particulièrement préoccupante dans les zones protégées où la biodiversité marine est exceptionnelle mais fragile.

Pollution atmosphérique par les oxydes de soufre en mer baltique et fjords norvégiens

Les émissions d’oxydes de soufre et de particules fines représentent un fléau environnemental majeur, particulièrement visible dans des régions sensibles comme la Mer Baltique et les fjords norvégiens. La concentration en particules fines peut être jusqu’à

20 fois plus élevée à proximité des ports qu’au reste de la ville, comme l’ont montré des études menées à Marseille ou au Havre. Dans les fjords norvégiens, pourtant classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, la situation est similaire : les émissions de SOx et de particules fines stagnent dans ces vallées encaissées, affectant directement la santé des habitants et la qualité de l’air respiré par les passagers eux‑mêmes. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Norvège a annoncé des restrictions très strictes sur les navires les plus polluants dans ses fjords à partir de 2026. En Mer Baltique, classée zone de contrôle des émissions de soufre (SECA), les compagnies ont été contraintes de réduire la teneur en soufre de leurs carburants, mais le recours à des technologies de contournement comme certains scrubbers pose de nouveaux défis environnementaux.

Consommation énergétique des systèmes de propulsion diesel-électrique

La plupart des grands paquebots modernes fonctionnent avec des systèmes de propulsion diesel-électrique, où des moteurs diesel produisent de l’électricité pour alimenter aussi bien la propulsion que l’ensemble des services à bord. Ce système est plus flexible et plus silencieux que les moteurs mécaniques classiques, mais il reste extrêmement énergivore. Un seul navire peut consommer plusieurs centaines de tonnes de carburant par jour, même à vitesse réduite, simplement pour assurer la fréquentation des restaurants, l’éclairage des boutiques, le fonctionnement des piscines et la climatisation constante des cabines. En d’autres termes, un paquebot ressemble davantage à une petite centrale électrique flottante qu’à un simple moyen de transport.

Pour réduire cette consommation, certaines compagnies optimisent désormais le profil de navigation de leurs navires : diminution de la vitesse de croisière (slow steaming), itinéraires plus directs, meilleure planification des escales. Réduire de 10 % la vitesse permet déjà de diminuer de 20 à 30 % la consommation de carburant, grâce à la relation non linéaire entre vitesse et résistance à l’avancement. Des systèmes de gestion énergétique numérisés analysent en temps réel la consommation des différents équipements afin de couper ou de moduler ceux qui sont non essentiels. Pourtant, malgré ces progrès, la demande en énergie reste colossalement supérieure à celle d’un hôtel terrestre de taille comparable, car un navire doit produire lui‑même toute l’électricité qu’il consomme.

Technologies vertes et innovations durables dans l’industrie des croisières

Face à cette réalité, l’industrie des croisières investit massivement dans des technologies vertes censées limiter leur impact environnemental. Aucune solution n’est parfaite ni totalement “zéro émission”, mais certaines innovations permettent de réduire significativement les rejets de polluants atmosphériques, les émissions de CO2 et la pollution de l’eau. En tant que voyageur, comprendre ces technologies aide à choisir une croisière plus responsable et à distinguer les véritables avancées des simples arguments marketing. Plusieurs compagnies pionnières — Costa, AIDA, TUI, Norwegian, Celebrity — testent déjà à grande échelle ces nouvelles solutions.

Systèmes de lavage des gaz d’échappement (scrubbers) sur les navires costa et AIDA

Pour respecter les normes de soufre imposées par l’Organisation maritime internationale (OMI), de nombreux navires Costa et AIDA ont été équipés de systèmes de lavage des gaz d’échappement, appelés scrubbers. Ces dispositifs nettoient les fumées avant leur rejet dans l’atmosphère en les faisant passer à travers un rideau d’eau qui capte une partie des oxydes de soufre (SOx) et certaines particules fines. Sur le papier, cela permet de continuer à brûler du fioul lourd tout en limitant la pollution atmosphérique visible, notamment dans les grandes zones portuaires européennes.

Cependant, ces technologies soulèvent une question essentielle : où vont les polluants retenus par l’eau de lavage ? Dans le cas des scrubbers dits “à boucle ouverte”, les eaux chargées en métaux lourds et en résidus de soufre sont directement rejetées en mer, déplaçant la pollution de l’air vers l’océan. Plusieurs pays et ports — en Mer Baltique, en Méditerranée et en Norvège — ont d’ailleurs restreint ou interdit l’usage de ces systèmes à boucle ouverte dans leurs eaux territoriales. Les versions “à boucle fermée”, plus vertueuses, stockent les résidus à bord pour un traitement ultérieur à terre, mais elles restent plus coûteuses et plus complexes à opérer.

Propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL) chez TUI mein schiff et norwegian cruise line

Autre innovation majeure : la propulsion au GNL (gaz naturel liquéfié). Des compagnies comme TUI Cruises avec sa flotte Mein Schiff et Norwegian Cruise Line pour certains de ses nouveaux navires misent sur ce carburant alternatif. Le GNL permet de réduire jusqu’à 99 % les émissions de soufre et de particules fines, environ 85 % des oxydes d’azote, ainsi qu’en moyenne 15 à 25 % des émissions de CO2 par rapport au fioul lourd. Pour les villes portuaires soumises à des pics de pollution, le bénéfice en termes de qualité de l’air est immédiat.

Malgré ces avantages, le GNL n’est pas une solution miracle. Le gaz naturel est principalement composé de méthane, un puissant gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est environ 80 fois supérieur à celui du CO2 sur 20 ans. Les fuites de méthane lors de la production, du transport et à bord des navires (methane slip) peuvent annuler une partie des gains climatiques espérés. Le GNL doit donc être considéré comme une énergie de transition, en attendant l’arrivée de carburants véritablement décarbonés comme le méthanol vert, l’ammoniac ou l’hydrogène produits à partir de sources renouvelables.

Panneaux solaires et éoliennes sur celebrity edge class

Sur certaines classes de navires, comme la Celebrity Edge Class, les compagnies expérimentent aussi des solutions d’énergies renouvelables embarquées. Des panneaux photovoltaïques disposés sur les parties supérieures du navire fournissent une partie de l’électricité nécessaire à l’éclairage ou aux systèmes auxiliaires. Des micro‑éoliennes peuvent également être installées pour capter les vents permanents en mer et ainsi compléter la production électrique. À l’échelle énergétique d’un paquebot, ces solutions ne couvrent qu’une fraction des besoins, mais elles contribuent à réduire la consommation de carburant fossile.

C’est un peu comme installer des panneaux solaires sur le toit d’un centre commercial : cela ne suffira pas à le rendre autonome, mais chaque kilowatt‑heure produit en moins par les moteurs diesel est un gain pour le climat. Au‑delà de la production d’énergie, ces équipements ont aussi un rôle pédagogique. Ils rendent visible, pour les passagers, la présence de solutions renouvelables à bord et permettent aux compagnies de sensibiliser leur clientèle à la transition énergétique. Pour vous, voyageur, il peut être pertinent de vérifier si le navire choisi dispose de telles installations et comment elles sont réellement utilisées.

Systèmes de traitement avancé des eaux usées AWTS (advanced wastewater treatment systems)

La gestion des eaux usées est un enjeu tout aussi crucial que les émissions atmosphériques. De plus en plus de navires de croisière sont équipés de AWTS (Advanced Wastewater Treatment Systems), des systèmes avancés de traitement qui filtrent, décantent et désinfectent les eaux grises et noires avant leur rejet en mer. Ces technologies combinent souvent plusieurs étapes : séparation des solides, traitement biologique, filtration membranaire et désinfection aux UV. Le résultat est une eau rejetée présentant une qualité proche, voire supérieure, à celle exigée pour les stations d’épuration à terre.

Ces systèmes sont particulièrement importants dans les zones marines protégées comme certaines parties de la Méditerranée, des Caraïbes ou des régions polaires, où la moindre pollution peut perturber durablement des écosystèmes déjà fragiles. Certaines compagnies s’engagent à ne rejeter que des eaux traitées selon des standards plus stricts que ceux de la réglementation internationale, notamment lors des escales proches des côtes. Lorsque vous préparez une croisière, n’hésitez pas à consulter les rapports RSE (responsabilité sociétale des entreprises) des compagnies pour vérifier la présence de ces AWTS à bord des navires les plus récents.

Choix responsables des destinations : ports verts et zones marines protégées

Limiter l’impact environnemental d’une croisière ne dépend pas uniquement de la technologie du navire, mais aussi du choix des itinéraires et des ports d’escale. Tous les ports ne sont pas égaux en matière d’infrastructures “vertes”. Certains, comme Hambourg, Copenhague ou Marseille (pour certains quais), proposent désormais des connexions électriques à quai (shore power) permettant aux navires de couper leurs moteurs durant l’escale. Choisir une croisière qui privilégie ces “ports verts” réduit fortement la pollution atmosphérique en zone urbaine.

Par ailleurs, de nombreuses routes de croisière traversent des zones marines protégées ou à haute valeur écologique : sanctuaires de cétacés en Méditerranée, fjords norvégiens, récifs coralliens des Caraïbes, archipels polaires. La pression touristique y est parfois très forte. Opter pour des compagnies qui limitent la taille des navires, le nombre de passagers débarqués simultanément ou la fréquence des escales permet de réduire le phénomène de surtourisme. Vous pouvez également privilégier des itinéraires plus longs dans une même région plutôt qu’une succession de courtes escales survolées, ce qui diminue les distances parcourues et laisse davantage de temps pour découvrir réellement une destination.

Enfin, se poser la question de l’accès au port d’embarquement est essentiel. Arriver en avion à l’autre bout du monde pour embarquer sur un navire “plus écologique” annule en grande partie les efforts réalisés à bord. Lorsque c’est possible, privilégiez les départs proches de chez vous, accessibles en train ou en bus longue distance. Un itinéraire en Méditerranée au départ de Marseille, Barcelone ou Gênes, ou une croisière en Europe du Nord accessible en train peut, au final, être bien moins impactant qu’une croisière exotique nécessitant un vol long‑courrier.

Pratiques écoresponsables à bord : gestion des déchets et économies d’énergie

Même à bord d’un navire performant, votre comportement individuel joue un rôle clé. Un paquebot transporte parfois plus de 6 000 passagers : une petite action multipliée par des milliers de personnes devient rapidement significative. La gestion des déchets en est un bon exemple. Les compagnies mettent de plus en plus en place des systèmes de tri, de compactage et de recyclage à bord, mais leur efficacité dépend du respect des consignes par les croisiéristes. En triant correctement vos emballages, en refusant les pailles ou gobelets jetables, vous réduisez le volume de déchets non recyclables produits pendant le voyage.

  • Apportez une gourde réutilisable et remplissez‑la aux fontaines d’eau au lieu d’acheter des bouteilles en plastique.
  • Refusez les objets à usage unique (pailles, touillettes, serviettes supplémentaires) et privilégiez les produits réutilisables.
  • Limitez le gaspillage alimentaire aux buffets en prenant des portions raisonnables et en évitant de remplir inutilement votre assiette.

L’économie d’énergie est un autre levier important. Une cabine laissée climatisation à fond, lumières allumées et télévision en veille consomme inutilement de l’électricité produite à partir de carburants fossiles. Fermer les hublots, couper la climatisation lorsque vous n’êtes pas dans la cabine, réduire la durée des douches, éteindre les lumières et les appareils non utilisés : ces gestes simples, que vous appliquez peut‑être déjà chez vous, ont un effet démultiplié à bord. En quelque sorte, chaque passager peut décider de transformer sa cabine en “mini logement basse consommation” au sein d’un navire très énergivore.

Enfin, choisir des activités à faible impact participe aussi à une croisière plus responsable. Privilégiez les excursions à pied, à vélo ou en transports en commun locaux plutôt que les tours en bus ou en jet‑ski. Lors des sorties en mer pour observer les dauphins ou les baleines, optez pour des opérateurs engagés dans une observation responsable de la faune, qui respectent les distances minimales et ne nourrissent pas les animaux. En résumé, la manière dont vous vivez votre croisière — à bord comme à terre — compte autant que la technologie du navire lui‑même.

Certification environnementale et labels écologiques des compagnies de croisière

Pour vous aider à vous y retrouver parmi les nombreux discours marketing, plusieurs labels et certifications environnementales évaluent désormais les performances des compagnies de croisière et des ports. Bien qu’aucun label ne soit parfait, ils constituent des repères utiles pour choisir une offre plus vertueuse. Les compagnies les plus avancées n’hésitent pas à faire auditer leurs pratiques par des organismes indépendants et à publier des rapports détaillés sur leurs émissions, leur consommation d’énergie et leurs actions de réduction.

Programme green marine et certification ISO 14001 pour l’industrie maritime

Le programme Green Marine, né en Amérique du Nord, est l’un des référentiels les plus reconnus pour évaluer la performance environnementale des armateurs, y compris certains opérateurs de croisière. Il couvre plusieurs critères : émissions atmosphériques, rejets dans l’eau, gestion des déchets, bruit sous‑marin, prévention des espèces invasives, etc. Les participants doivent non seulement respecter la réglementation, mais aussi démontrer des améliorations continues pour obtenir un bon niveau de certification. Pour un passager, choisir une compagnie engagée dans ce programme est un signal positif.

La norme ISO 14001, quant à elle, ne se limite pas au monde maritime, mais s’applique à tout système de management environnemental. Plusieurs compagnies de croisière ou ports obtiennent cette certification pour encadrer leurs politiques environnementales et prouver qu’elles suivent une démarche structurée de réduction de leurs impacts. Un peu comme un “plan de route” officiel, cette norme garantit que l’entreprise se fixe des objectifs mesurables, suit des indicateurs et se soumet à des audits externes réguliers. Lors de vos recherches, vérifier si la compagnie ou le port d’embarquement est certifié ISO 14001 peut vous aiguiller vers des acteurs plus sérieux.

Label travelife gold et friend of the sea pour les opérateurs touristiques

Au‑delà des navires eux‑mêmes, les opérateurs touristiques qui organisent excursions et séjours combinés avec des croisières peuvent aussi être engagés dans des démarches de labellisation. Le label Travelife Gold évalue la durabilité globale d’une entreprise touristique : gestion de l’énergie, relations avec les communautés locales, conditions de travail, lutte contre l’exploitation des animaux, etc. Les agences ou tour‑opérateurs labellisés s’efforcent de proposer des expériences plus respectueuses, tant sur le plan environnemental que social.

Le label Friend of the Sea, lui, se concentre davantage sur la protection des écosystèmes marins et la durabilité de la pêche. Il peut certifier certaines activités liées à la mer, comme l’observation des cétacés, les excursions en bateau ou la restauration à base de produits de la mer. Choisir des excursions ou des prestataires labellisés est une manière concrète de soutenir un tourisme marin responsable. En pratique, cela revient à voter avec votre portefeuille pour encourager les acteurs qui font réellement des efforts.

Initiatives cruise lines international association (CLIA) pour la durabilité

La Cruise Lines International Association (CLIA), qui regroupe la majorité des grandes compagnies de croisière, a également lancé plusieurs initiatives sectorielles en matière de durabilité. Elle s’est notamment engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 pour l’ensemble de la flotte mondiale, en combinant amélioration de l’efficacité énergétique, nouveaux carburants, innovations technologiques et mécanismes de compensation. La CLIA encourage aussi le développement des connexions électriques à quai et le déploiement de systèmes de traitement avancé des eaux usées sur tous les nouveaux navires.

Ces engagements restent toutefois volontaires et leur crédibilité dépend de la transparence et du suivi réel des objectifs fixés. Comme souvent, la différence se joue dans les détails : quelle part de la flotte d’une compagnie est réellement équipée de technologies modernes ? Quelle est la trajectoire chiffrée de réduction des émissions à court et moyen terme ? En tant que voyageur, consulter les rapports annuels de durabilité des compagnies membres de la CLIA permet de distinguer celles qui avancent concrètement de celles qui se contentent de déclarations d’intention.

Compensation carbone et programmes de reforestation marine pour croisiéristes

Même avec les meilleures technologies et les comportements les plus vertueux à bord, une croisière reste une activité fortement émettrice de gaz à effet de serre. De plus en plus de compagnies proposent donc des options de compensation carbone permettant aux passagers de financer des projets climatiques en contrepartie des émissions générées par leur voyage. Ces projets peuvent aller de la reforestation terrestre à l’installation de parcs solaires, en passant par l’amélioration de l’efficacité énergétique dans des pays en développement. C’est une façon de “rendre” à la planète une partie de ce que l’on a consommé.

Dans le contexte maritime, les programmes de reforestation marine gagnent également en visibilité. Ils consistent à restaurer des herbiers marins, des mangroves ou des récifs coralliens, qui jouent un rôle crucial de puits de carbone bleu tout en protégeant les côtes de l’érosion et en abritant une biodiversité exceptionnelle. Certaines ONG invitent, par exemple, les croisiéristes à financer la plantation de mangroves ou la restauration de coraux dans les régions qu’ils visitent. Là encore, tout dépend de la qualité des projets : privilégiez les initiatives transparentes, certifiées et suivies sur le long terme.

La compensation ne doit cependant pas servir d’excuse pour continuer à voyager comme si de rien n’était. La démarche la plus responsable consiste à réduire d’abord son empreinte (fréquence des voyages, choix des itinéraires, type de navire), puis à compenser ce qui ne peut pas être évité. Vous pouvez, par exemple, décider de faire une croisière plus rare, mais mieux choisie, en finançant systématiquement un projet environnemental lié aux océans. En posant ces questions au moment de la réservation — “Comment sont calculées les émissions ? Quels projets sont financés ? Sont‑ils audités ?” — vous incitez aussi les compagnies à améliorer leurs pratiques et à proposer des offres réellement alignées avec les enjeux climatiques actuels.