Pondicherry, une ville bien familière

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Pondicherry

Suite à notre « séjour balnéaire » et détente à Mahabalipuram, nous partons découvrir Pondicherry, l’un des principaux anciens comptoirs français en Inde !

A peine sommes-nous arrivés à la gare routière de Pondicherry que nous voici déjà alpagués par les rickshaws.

Mais vous ne devinerez jamais… pour la toute première fois, on le voulait !

Rickshaw de Pondicherry : où en est la nouvelle obligation légale d’activer les compteurs de course ?

Non pas que l’on soit épuisé par le voyage, on a juste l’espoir d’utiliser leurs services sans se faire escroquer. Une première !

En fait pour tout vous expliquer, Estelle et Greg, nos copains de Maha, nous ont appris que depuis peu à Pondicherry les chauffeurs de rickshaw sont dans l’obligation légale d’activer leur compteur à chacune de leur course.
Vous devinez la suite ? Quand on leur demande de le mettre en marche, ils tirent sur les fils électriques l’air de dire : « Ca n’marche pas, point à la ligne ».

Et bizarrement pas un seul des compteurs de la ville n’est en état de fonctionnement… Bon, on le reconnait, ça nous fait sourire vu qu’on s’y attendait. Aller, c’est reparti pour un tour de négociations.

Pondicherry : des témoignages coloniaux et historiques

Des rues de Pondicherry à l’effigie de personnalités françaises et anglaises

Quelques minutes plus tard, nous voici déposés « rue Labourdonnais » dans le quartier communément appelé « la ville blanche ». Dans ce quartier, anciennement occupé par les colons et maintenant par les indiens et autres franco-pondicherriens (les indiens d’origine française), presque toutes les rues que l’on emprunte sont à l’effigie de personnalités françaises ou anglaises.

Les bâtisses, imposantes avec leurs grandes façades épurées, sont logées de part et d’autre de larges rues calmes et arborées. Autant vous dire que c’est un réel bonheur !

On découvre de la céramique indiquant le nom de la famille résidant à cette adresse.

Une rue de Pondicherry en Inde

Des signalétiques préventives comme on voit par chez nous

On se rend rapidement compte que, partout dans Pondicherry, se trouvent des témoignages de l’héritage colonial et d’une certaine façon de vivre qui en découle.

On découvre même, en cette période de nöel, des signes religieux qui déroutent quand on est sous le cagnard.

Panneaux et signalétiques à Pondicherry en Inde

Astérix et Obélix, des gaulois à Pondicherry

Même dans le quartier désigné comme étant la « ville indienne » on peut apercevoir l’un des plus grands symboles artistiques de notre pays : nos irréductibles gaulois qui résistent encore et toujours à… euh… au ravalement de façade !

Affiches Astérix et Obélix à Pondicherry en Inde

Sur un terrain tout près de l’église, Indiens pure souche, descendants d’émigrés et autres expatriés se retrouvent tous pour taquiner les boules. L’image est simple, presque émouvante. Elle nous rappelle ces réunions durant lesquelles on a beau se tirer dans les pattes et se pointer du doigt, on continue de jouer en famille.

Pétanque : des joueurs de boules à Pondicherry près de la « croisette » locale

Pétanque à Pondicherry en Inde

La "croisette" (Beach Road) de Pondicherry en Inde

Les institutions françaises et le monument aux morts de Pondicherry 

Notre distraction du moment c’est de chercher du regard les administrations, les organisations, les inscriptions et tout ce qui est marqué de près ou de loin des signes tricolores.

  • un lycée français dans lequel toutes les inscriptions sont marquées en français,
  • un foyer du soldat,
  • un monument aux morts pour les combattants morts,
  • une imprimerie fermée (dommage, on y aurait bien jeté un œil).
Les institutions françaises et le monument aux morts de Pondicherry en Inde

Des commerces aux enseignes occidentalisées, voire francisées

On ne résiste pas à l’envie de vous en montrer quelques uns de ces établissements :

  • des cafés,
  • des devantures de magasins,
  • des bars dont certains assez sordides puisqu’ à l’intérieur on passe commande auprès d’un barman enfermé derrière des barreaux… on imagine qu’il y a du y avoir des débordements par le passé !).
Commerces et enseignes francisées à Pondicherry en Inde

Un éléphant bénisseur aux porte d’un temple hindou

Au détour d’une rue, on découvre un pachyderme auquel on a appris à toucher la tête d’un individu dans la seule intention de le soulager de la pièce de monnaie qu’il tient dans sa main.

« Pas d’argent, pas de bénédiction », nous chuchote lucidement un guide touristique indien.

Un éléphant bénisseur à Pondicherry en Inde

Un car scolaire un peu particulier

C’est maintenant l’heure de la sortie des classes et on apprécie découvrir une autre casquette des conducteurs de rickshaws : celle de nounou qui vient chercher les enfants à l’école.

Et c’est comme ça que, tout sourire, les enfants s’entassent dans le véhicule sous le regard bienveillant de leur chauffeur.

Enfants à la sortie de l'école dans un rickshaw à Pondicherry en Inde

Un urbanisme très développé comparé au reste de l’Inde

Au croisement d’une rue, des ouvriers œuvrent à la reconstruction d’une chaussée. Ici, il n’y a pas de marteaux piqueurs et autres pelleteuses, tout se fait à l’huile de coude.

On se dit qu’il faut avoir la tête dure pour continuer à travailler malgré de telles conditions et l’épuisement.

Travaux d'urbanisme dans la ville blanche de Pondicherry en Inde

Guesthouse « À La Villa Créole »

Dominique : un cuisinier hors pair

Arrive alors le moment tant attendu de la journée : le repas ! On se hâte de retrouver notre très agréable guesthouse dénommée « à la Villa Créole » et Dominique qui, cuisinier entre autres qualités, revêt le tablier juste merveilleusement bien. Le soir venu ses amis de longues dates le rejoignent et, tous ensemble, ils discutent pendant que Dominique et son apprentie s’affaire aux cuisines.

Et là nécessairement on se demande comment ce créole, digne descendant d’une vieille famille d’irlando-indien, est capable de concocter de la VRAIE cuisine française dignes des meilleures recettes de grands-mères ! Chapeau bas pour cet homme qui – ce n’est pas faute d’avoir essayé – n’est jamais sorti d’Inde et a tout potassé dans des livres de recettes.

Cuisine "à la villa créole" avec Dominique de pondicherry en Inde

Et encore on ne parle pas de son vindaloo,  un plat indien d’origine portugaise qui est juste une tuerie ! :)

On en profite pour réviser un fondamental : le gâteau au chocolat (juste excellent soit dit en passant !).

Inde : le point de vue d’un habitant

Un pays qui suscite des interrogations

Et puis au fil des jours et des soirées, on se repaît autant de ses plats que de ses points de vue. Bien qu’en accord avec le routard sur certains aspects de l’Inde, il trouve néanmoins assez réducteurs bien des résumés qui y sont faits. On en profite alors pour déverser le flot de question qui nous tiraille depuis le début de notre voyage.

Un pays en pleine mutation

Comme on l’imaginait, les faits sociaux sont moins tranchés que dans les livres et en constante mutation ces dernières années. De grands bouleversements ont lieu aujourd’hui dans la société qui se concrétisent par des avancées encore mineures mais très médiatisées.

Ils concernent bien entendu la place de la femme, qui prend de plus en plus d’importance vu que la loi tend à la protéger (pour ne pas dire « surprotéger » dans certains cas), et les nouvelles aspirations de la jeunesse qui, amenant à davantage de débauche, peuvent heurter certaines mentalités. On prend de la hauteur et on échange nos impressions, sans toutefois comprendre sur quoi tout cela va déboucher.

Si vous aussi vous vous posez des questions sur l’Inde, peut-être trouverez-vous quelques réponses dans cet article où l’on s’est intéressé à la société indienne et ses particularités.

L’internationalisation de l’art et partages de culture

Comme Dominique est un amateur de musique, notre dernière soirée se termine sur des airs d’Edith Piaf, de Brel… et c’est avec la boule au ventre que l’on se dit « au revoir » après avoir échangé nos contacts.

Sophie, Dominique et Boris "à la villa créole" de Pondicherry en Inde

bon plan

Logement et restaurant

Guesthouse et restaurant « À La Villa Créole »

  • Prix des chambres : entre 800 RP et davantage en fonction des saisons selon la taille de la chambre, si salle d’eau privative, et de l’emplacement (chambres moins chères sur le toit)
  • Prix du repas : assez élevé, comptez 350 RP / personne pour un repas. Mais le prix est justifié vu que les produits sont de qualité, la viande est succulante, le poisson de premier choix et la préparation « à la française ».
  • Situation : guesthouse dans le Sud-Est de la ville blanche de Pondicherry, à 5 minutes de la ville indienne et autant du littoral
  • Propreté : il n’y a rien à redire, le ménage est fait quotidiennement.
  • Réservations possibles sur leur site officiel et avis sur TripAdvisor

Aller, nous allons tenter de vous raconter ce qu’est la journée d’un Routard en Inde avant de filer en Thaïlande !

Bye bye India… 

Consultez la galerie photo de Pondicherry

13 réactions sur “Pondicherry, une ville bien familière

  1. Bonsoir les routards.
    Votre voyage est toujours aussi intéressant et vos commentaires émouvants.
    Joyeux Noël les enfants, j’espère que la bûche pâtissière ne vous manquera pas (morte de rire, c’est pas bon)
    Gros bisous
    Odile L.

    • Bonjour Odile !
      Merci de continuer à nous lire, c’est pour ces gentils retours que nous continuons à écrire nos impressions.
      Nous t’avouerons que le repas de noël, en famille, nous a tout de même un peu manqué.
      Nous te faisons de gros bisous et te souhaitons une très bonne fin d’année.
      Boris et Sophie

  2. Bonjour,
    Merci pour vos réponses très intéressantes, j’étais très très en retard dans ma lecture et aujourd’hui jour de Noël je peux m’accorder ce moment de délassement.
    Tout d’abord bonnes fêtes de Noël bien que je pense que dans votre environnement ça doit passer totalement inaperçu !
    Une question que je me pose, est de quoi vivent les gens ? à la campagne de la culture non ? de l’élevage ? mais qu’y a-t-il à la ville ? la durée du travail ? l’influence chinoise ? ressentez-vous du « made in china » ? que produit-on et que fabrique-t-on ?
    Une autre question, étant très adepte du Yoga Iyengar ,avez vous entendu parler du Maître Guruji Iyengar (c’est ainsi qu’il est appelé) et le sage Patanjali
    qui est le premier a avoir codifié le système du yoga.
    Un personnage passionnant avez vous vu qq part sa vie ?
    Plein de bisous, merci pour votre voyage et à bientôt
    Dany J.

  3. J’espère que vous avez passé un bon noël.
    Nous ça s’est très bien passé.

    J’ai essayé de vous envoyer un SMS mais ça ne passait pas.
    On a bien pensé à vous en tout cas !

    Gros gros bisous.
    Papa, Alain B.

  4. Je vous rejoins régulièrement pour suivre votre périple : riches moments de découverte d’une culture différente. J’apprécie particulièrement vos contacts locaux au gré du voyage : échanges et apprentissage de rites locaux, belles photos qui nous plongent dans une réalité inconnue. Quel confort de pouvoir visiter, grâce à votre gentille attention, ces régions et ces gens que je ne rencontrai peut-être jamais ! Merci, Boris, pour la belle carte et tes bons voeux.
    Bonne nouvelle année qui va t’enrichir de découvertes ! Bise de France, ton oncle Thierry qui pense à toi.

  5. 28 décembre 2012 – 18 h 30 – 11 °C
    गुड ईवनिंग.
    শুভ সন্ধ্যা
    Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Yanaon et Mahé, cinq noms qui ont fait rêver des générations d’écoliers… Peut-être qu’un voyage afin de découvrir ce qui reste de cette période coloniale tant décriée par les uns et tant regrettée par les autres serait une idée à creuser, qu’en pensez-vous ?
    Continuez à nous ravir, vos textes et photos sont passionnants… les semelles de mes chaussures me chatouillent étrangement.
    Faites le plein de rencontres et de souvenirs ; emplissez vos têtes d’images, de sons et d’odeurs… ils sont la seule richesse qui compte, celle de l’esprit et du cœur.
    Je vous embrasse affectueusement,
    Georges A.

    • 29 décembre 2012 – 18 h 30 (GMT +7) – 31 °C

      Bonsoir Georges,
      Cerner ce que peut être une période coloniale et ce qu’il en reste me semble être une tache bien compliquée sans faire des recherches approfondies (premier cas) ou sans l’avoir vécue par soi-même et le vivre encore aujourd’hui lucidement (second cas). Autant dire que, pour ce second cas, ce n’est pas possible. Sauf si on tend à rapprocher le nouveau statut d’expatrié à celui de colon (ce qui serait certainement une réflexion intéressante à pousser davantage).

      Donc, pour réfléchir objectivement sur ce qu’est une colonisation, il faudrait selon moi être :
      1. soit un thésard ou autre chercheur objectif
      2. soit un lambda lucide qui :
      - a vécu sur les lieux et durant une période coloniale, et
      - vit encore sur les lieux de cette même période coloniale passée.

      Pourquoi faut-il répondre à ces critères ?
      1. L’impartialité n’étant pas la vertu la plus répandue dans le monde, on se demande bien comment tout à chacun pourrait réussir à mettre en exergue les forces et les faiblesses de faits coloniaux à la fois pour un colon et pour un colonisé ; sans pour autant fermer les yeux sur les incidences de ces faits sur l’autre partie. Il faut donc que la question soit traitée par être objectif ou lucide.
      2. Prenons le cas d’un fait perçu pour une des parties comme une force.
      Ce fait ressenti , hier, comme :
      - une force pour l’un pouvait être une faiblesse pour l’autre, et
      - une force pour l’un pouvait être, aussi, une force pour l’autre.
      3. Mais ce même fait peut-être vécu, aujourd’hui, comme :
      - une force par tous alors que c’était une force et une faiblesse,
      - une force et une faiblesse alors que c’était une force pour tous,
      - une faiblesse par tous alors que c’était une force pour tous.

      Alors autant dire que la question est bien délicate et que notre regard de voyageur ne suffirait pas à l’élucider. On reste à notre place et on savoure notre chance de grôler sans contraintes :)

      Grosses bises,
      Boris

  6. Bonne année à vous deux.

    J’ai entendu dire que vous étiez en Thaïlande, à quand les photos et les articles ?

    Que 2013 vous garde votre joie de vivre, la seule chose à toujours conserver dans ses bagages.

    Mes plus affectueux baisers.

    Odile L.

    • Bonjour Odile et bonne année à toi !
      Effectivement tes sources sont sûres, nous nous prélassons sous le soleil thaïlandais depuis quelques jours maintenant ; nous avons posé notre casquette de routard pour nous mettre dans la peau de touristes en zone balnéaire. Et quel bonheur ! Mais, comme qui dirait, nos pieds commencent à nous démanger ; nous ne tarderons pas à partir à nouveau.
      Gros bisous à toi et une caresse à Youpi =)
      Boris et Sophie

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